Les extensions et mèches synthétiques utilisées pour réaliser les tresses sont au cœur de nouvelles préoccupations sanitaires. Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique Environment & Health a analysé 44 échantillons d’extensions capillaires et a identifié 933 signatures chimiques, dont 169 substances ont pu être confirmées ou identifiées de manière probable. Parmi elles, 48 figuraient sur des listes de substances considérées comme préoccupantes.
Des substances potentiellement dangereuses dans les mèches synthétiques
Les chercheurs ont notamment retrouvé des phtalates, des composés organostanniques, des retardateurs de flamme, des composés halogénés et d’autres substances chimiques dans différents types d’extensions.
Dans certains échantillons, des organoétains ont été détectés à des concentrations importantes. Les chercheurs ont également identifié du bis(2-éthylhexyl) phtalate (DEHP), une substance figurant notamment parmi les produits réglementés par la Proposition 65 de Californie.
L’étude a aussi retrouvé plusieurs retardateurs de flamme, notamment le tributyl phosphate et le 2,4,6-tribromophénol, dans certains échantillons.
Pourquoi les femmes peuvent-elles être exposées ?
Les extensions synthétiques restent parfois en contact avec le cuir chevelu pendant plusieurs semaines. Certaines sont également chauffées ou plongées dans de l’eau chaude pour fixer les tresses.
Une précédente analyse publiée en 2023 avait déjà attiré l’attention sur les extensions synthétiques destinées aux tresses. Elle indiquait que certaines mèches pouvaient libérer des composés organiques volatils (COV) lorsqu’elles étaient exposées à la chaleur.
En 2025, Consumer Reports a également indiqué avoir détecté des substances préoccupantes dans les 10 produits de mèches synthétiques testés dans son analyse, notamment des substances classées comme cancérogènes.
Faut-il arrêter de porter des extensions ?
Les chercheurs ne disent pas que toutes les extensions sont dangereuses ni que le fait de porter des tresses provoque automatiquement une maladie.
Le principal problème est plutôt le manque d’informations sur la composition de certains produits et l’insuffisance des données permettant de déterminer précisément le niveau de risque pour les utilisatrices à long terme. L’étude de 2026 souligne d’ailleurs la nécessité de poursuivre les recherches sur l’exposition réelle et d’améliorer l’information donnée aux consommateurs.
Les consommateurs peuvent donc être particulièrement attentifs à la composition des mèches, aux indications du fabricant et aux produits qui présentent une forte odeur chimique ou provoquent des irritations du cuir chevelu.
Un problème qui dépasse les extensions
Les inquiétudes concernant les produits capillaires ne concernent pas uniquement les mèches. Une étude portant sur des produits utilisés par des femmes noires avait précédemment identifié 45 substances associées à des perturbations endocriniennes ou à l’asthme parmi les produits analysés, notamment des parabènes, des phtalates et certains parfums.
Une autre étude publiée en 2024 auprès de 425 femmes noires aux États-Unis a également trouvé une association entre l’utilisation de produits capillaires et des concentrations urinaires plus élevées de plusieurs biomarqueurs de phtalates, phénols et parabènes. Cela ne signifie toutefois pas que ces produits sont à eux seuls responsables de problèmes de santé.
Conclusion
Les nouvelles analyses montrent que certaines extensions capillaires, particulièrement les modèles synthétiques, peuvent contenir des substances chimiques préoccupantes. Cela ne signifie pas que toutes les mèches sont toxiques, mais ces résultats soulèvent des questions importantes sur la transparence des fabricants, l’étiquetage et la sécurité des produits utilisés pour les tresses.
Pour les femmes qui portent régulièrement des extensions, le choix de produits provenant de fabricants transparents et la vigilance face aux irritations, aux fortes odeurs chimiques ou aux réactions inhabituelles peuvent constituer des précautions raisonnables.


